Coki Nieto fait son grand retour à Abu Dhabi — et Chingotto enchaîne un point complètement fou qui a mis le public en transe
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Coki Nieto fait son grand retour à Abu Dhabi — et Chingotto enchaîne un point complètement fou qui a mis le public en transe

L’exhibition The Ultimate Padel Match d’Abu Dhabi a offert deux images fortes : la réapparition de Coki Nieto après des soucis au bras et un « puntazo » spectaculaire signé Fede Chingotto qui a électrisé la foule. Ces deux moments, bien que d’une nature différente, résument parfaitement deux réalités du circuit : la gestion des blessures et l’importance du spectacle. Voici une analyse technique et tactique, découpée en éléments exploitables pour joueurs et entraîneurs.

Le retour de Coki Nieto : chronologie et enjeux

Coki Nieto arrive en 2026 avec des changements importants : nouvelle association avec Jon Sanz et un contrat matériel avec Kuikma. Ces décisions annonçaient une saison ambitieuse, mais une gêne au bras l’a forcé à déclarer forfait pour le Premier Padel de Riyadh et à interrompre sa saison compétitive. Son dernier match officiel remontait au 12 décembre, lors des quarts du Premier Padel Finals. La réapparition à Abu Dhabi, dans le cadre d’une exhibition, constitue un test de charge plus contrôlé mais public — un bon indicateur de l’état de forme et du mental avant la reprise officielle prévue à Gijón P2 début mars.

Sur le plan médical et sportif, une gestion progressive de la réathlétisation est essentielle. Le bras d’un joueur de padel subit des sollicitations répétées : gestes de volée, smashs, flicks en parabolique et réceptions en contre-pied. La phase post-blessure doit inclure :

  • Travail de mobilité et renforcement excentrique des masses musculaires de l’avant-bras et de l’épaule ;
  • Progresser les charges d’impact en sessions courtes avant d’augmenter la durée ;
  • Simulation de match (exhibition) avant la reprise du circuit pour tester la tolérance aux situations de compétition.
  • La tactique du retour : pourquoi Abu Dhabi était un bon choix

    Une exhibition permet de reprendre le tempo et de valider des éléments tactiques sans la pression du résultat. Pour Nieto, partager la piste avec la paire Coello/Chingotto-Tapia lui offre l’opportunité d’évaluer sa prise d’initiative, son positionnement en défense et sa synchronisation avec Jon Sanz. Concrètement, les points à observer :

  • Temps de réaction sur les attaques croisées hautes ;
  • Capacité à maintenir la longueur en fond de court sous accélération ;
  • Précision des volées coupées et des bandejas après perte de rythme.
  • Si ces éléments sont cohérents en exhibition, la transition vers la compétition officielle pourra s’opérer de façon maîtrisée. La date choisie pour la reprise — Gijón P2 début mars — paraît réaliste pour achever une progression de charge et retrouver la compétition dans de bonnes conditions.

    Le puntazo de Fede Chingotto : décryptage technique

    Fede Chingotto s’est encore une fois distingué par une capacité unique à convertir des balles impossibles en points gagnants. Son « puntazo » à Abu Dhabi n’était pas qu’un geste esthétique : il résulte d’une série de qualités techniques et conditionnelles travaillées :

  • Lecture d’anticipation : positionnement et lecture du rebond qui permettent d’arriver en avance sur la trajectoire.
  • Réactivité et stabilité d’appuis : génération d’un transfert d’énergie malgré un déséquilibre apparent.
  • Choix de la trajectoire : chercher le point de fuite du défenseur plutôt que la simple mise en sécurité.
  • Pour les coachs, l’exemple de Chingotto rappelle l’importance d’entraîner des situations extrêmes en répétition : exercices de récupération sur balles sortantes, remises en place de contraforts défensifs et drills de finition en déséquilibre.

    Implications pour le circuit : spectacle vs gestion des joueurs

    Abu Dhabi a montré que les exhibitions remplissent plusieurs rôles : permettre des retours progressifs, garder le buzz autour des joueurs et offrir des moments de haute intensité pour les fans. Pourtant, elles représentent aussi un risque si la charge de compétition est mal dosée après blessure. Pour les organisateurs et les équipes, il y a un équilibre à trouver entre exposition médiatique et protection du joueur :

  • Planifier des exhibitions avec temps de jeu limités et présence médicale ;
  • Utiliser ces événements comme étape de réintégration plutôt que comme évaluation finale ;
  • Mettre en place un protocole de monitoring (douleur, amplitude, force) entre exhibition et reprise officielle.
  • Conseils pratiques pour les joueurs en reprise

  • Intégrer des checkpoints objectifs : seuils de charge (nombre de smashes/volées), tests de force et d’endurance avant d’entrer en compétition.
  • Reprendre la compétition par des matchs courts et progressifs, idéalement en double mixte/exhibition puis tournois de niveau P2.
  • Renforcer la communication avec le partenaire : tests de cohésion tactique durant l’exhibition pour affiner les automatismes (placement sur bandeja, mobilité après lob).
  • Abu Dhabi n’a été qu’un avant-goût, mais il dit beaucoup du début de saison : la capacité des joueurs à gérer leur corps et à produire du spectacle restera déterminante. Pour Coki Nieto, la fenêtre de Gijón sera la première vraie évaluation : confirmation du retour physique mais aussi de la compatibilité avec son nouveau partenaire. Pour le public, Chingotto confirme qu’il sera l’une des attractions techniques de la saison — et que le padel continue de marier intensité sportive et moments de pure virtuosité.