Le padel exige une combinaison exigeante de vitesse, puissance et agilité. Ces qualités ne sont pas innées chez la plupart des pratiquants ; elles se construisent par un entraînement structuré et spécifique. Dans cet article, je décortique une routine complète inspirée des exercices présentés sur PadelStar, adaptée au joueur moderne qui veut gagner en réactivité, en explosivité et en contrôle du terrain. Chaque proposition est accompagnée d’indications pratiques pour les séries, les temps de repos et les objectifs pédagogiques.
Objectifs de la routine
Avant d’attaquer les exercices, clarifions les objectifs précis :
Améliorer l’accélération sur des distances courtes (0–20 m).
Optimiser les déplacements latéraux et le jeu de pieds spécifique au padel.
Développer la force fonctionnelle des jambes et du tronc pour soutenir la puissance des frappes.
Renforcer la coordination œil-main et la rapidité d’exécution des gestes.
Échauffement (10–12 minutes)
L’échauffement doit préparer le système nerveux et les chaînes musculaires impliquées dans le padel. Sequence recommandée :
5 minutes de course légère avec changements de direction progressifs.
2 minutes d’exercices de mobilité (hanches, chevilles, épaules).
3–5 minutes de drills courts : déplacements latéraux rapides (8–10 m), petits sprints de 10 m avec retour marchant.
But : élévation progressive de la fréquence cardiaque, activation proprioceptive et prévention des blessures.
Bloc vitesse (15–20 minutes)
La vitesse au padel n’est pas une question de 100 m d’athlétisme, mais d’accélération et de réactivité. Travaillez ces qualités avec des exercices spécifiques :
Sprints courts (10–20 m) : 6 répétitions, repos 45–60 s. Concentrez‑vous sur la première foulée et la posture de poussée.
Paseos laterales (déplacements latéraux) : 4 x 30 s en alternant vitesse maximale et retour contrôlé. Repos 30 s.
Échelle d’agilité (footwork drills) : 6 passes différentes (one‑step, double‑step, in‑out), 3 répétitions chacune. Repos 20–30 s entre séries.
Objectif neuromusculaire : améliorer l’explosivité initiale et la coordination pieds‑mains pour arriver tôt sur la balle.
Bloc force (20–25 minutes)
La force fonctionnelle garantit stabilité, transfert d’énergie et résistance dans les échanges. Priorisez mouvements polis et amplitude contrôlée :
Squats (barre ou haltères) : 3 séries de 8–12 répétitions. Tempo contrôlé (2s descente / 1s montée).
Soulevé de terre jambes semi‑tendues : 3 séries de 8–10 répétitions pour renforcer les ischio‑jambiers et les fessiers.
Presses ou pompes explosives (pour les volleys et smashs) : 3 séries de 6–8 répétitions.
Tractions ou tirage horizontal (renforcement du haut du corps) : 3 séries de 6–10 répétitions.
Conseil : privilégiez la qualité du geste plutôt que la charge brute. Une base solide protège le joueur et augmente la puissance transférée à la pala.
Bloc agilité et plyométrie (15 minutes)
La plyométrie améliore la réactivité et la capacité à générer de la puissance rapidement — essentielle pour les interceptions à la volée :
Jump box (sauts sur boîte) : 3 séries de 8–10 répétitions. Focus sur amorti et réactivité.
Zig‑zag entre plots : 6 répétitions, repos 30 s. Accent sur la fixation du regard et le changement d’appui.
Skater jumps (sauts latéraux) : 3 séries de 10 répétitions par côté pour renforcer la stabilité unipodale.
Important : respecter une phase d’atterrissage contrôlée pour éviter les blessures aux genoux et chevilles.
Coordination œil-main et lancer de balle (10 minutes)
Travailler la précision des gestes et la synchronisation est indispensable :
Lancers de médecine ball (rotationnel) : 3 séries de 8 par côté pour simuler la rotation du tronc lors d’un coup.
Réception et relance (avec partenaire) : 3 séries de 1 minute, travail sur la prise d’impact et la réactivité.
Drills de réaction : coach ou partenaire lance des balles aléatoires ; vous effectuez une touche contrôlée puis retour neutre. 5–8 minutes.
Objectif : améliorer la constance des frappes même sous pression et accélérer le temps de réaction perceptif.
Flexibilité et récupération (10–12 minutes)
La flexibilité réduit le risque de blessure et améliore l’amplitude utile des gestes :
Étirements statiques ciblés : ischio‑jambiers, quadriceps, mollets, pectoraux, épaules — 30 s par muscle.
Auto‑massage (foam roller) : 5 minutes sur quadriceps et mollets pour accélérer la récupération.
Routine de respiration et relaxation : 2–3 minutes pour favoriser la récupération neuromusculaire.
Programmation et périodisation
Voici une proposition de fréquence hebdomadaire pour intégrer cette routine sans surcharger :
2 séances complètes/semaine (force + agilité + coordination).
1 séance légère axée vitesse et mobilité.
1 journée match/entraînement technique orientée tactique.
Adapter l’intensité selon la période : en pré‑saison, plus de volume et de force ; en période compétitive, réduction du volume et maintien de la vitesse et de la réactivité.
Erreurs fréquentes et corrections
Quelques pièges classiques à éviter :
Trop charger la plyométrie sans maîtrise : augmente le risque de blessure. Prioriser la technique d’atterrissage.
Négliger la qualité du premier pas : c’est souvent ce qui sépare un bon joueur d’un excellent. Travaillez l’explosivité spécifique.
Oublier la récupération : la progression vient autant du stimulus que de la récupération.
Conseils pratiques pour l’intégration sur le terrain
Transposer immédiatement les acquis en exercices techniques : par exemple, après une série de sprints courts, effectuer des exercices de volée pour simuler la mise en pression réelle.
Mesurer les progrès : chronos sur 10–20 m, tests de saut et nombre de répétitions à intensité donnée permettent d’objectiver les gains.
Individualiser : chaque joueur a des points faibles différents — adaptez les exercices selon profil (puissance, endurance, mobilité).