Lamperti choque le padel : il annonce la fin des joueurs « droite/gauche » — voici pourquoi tout va changer
Miguel Lamperti annonce la fin d’une ère et prédit le padel « sans étiquettes »
À 47 ans, Miguel Lamperti se prépare à tourner la page d’une carrière qui a durablement marqué le padel moderne. Dans un entretien où il se montre à la fois lucide et affectueux envers ce sport qu’il a contribué à façonner, l’Argentin livre une lecture stratégique de l’avenir de la discipline : selon lui, le padel se dirige vers une déspecialisation des rôles, où l’on ne parlera plus d’un « joueur de droite » ou d’un « joueur de gauche » au sens strict. Cette vision, énoncée avec la sagesse de celui qui a tout vu, questionne l’enseignement, la préparation et la tactique du futur.
Un héritage centré sur l’attitude plus que sur les titres
Lamperti rappelle que, pour lui, la trace la plus précieuse n’est pas faite de trophées mais d’attitudes. Il souhaite être retenu pour son comportement, son rapport au public et l’énergie qu’il a su communiquer sur et en dehors des courts. C’est un point important : au-delà des schémas tactiques ou des statistiques, le rôle d’une légende est aussi socioculturel. Pour le joueur devenu icône, laisser une image d’authenticité prime sur l’accumulation de victoires — une vision qui influence sa lecture du jeu et de sa transformation.
Vers un padel hybride : que signifie « plus de polyvalence » ?
La prophétie de Lamperti est claire : le padel se dirige vers une flexibilité accrue des postes. Concrètement, cela suppose que les joueurs, dès leur formation, seront entraînés à assurer les deux côtés du court et à maîtriser un spectre élargi de coups. Le raisonnement tient : dans un environnement de plus en plus physiquement exigeant, la capacité à permuter sans perte d’efficacité donne un avantage tactique certain. L’ère des paires strictement spécialisées pourrait céder le pas à des binômes capables de varier leur configuration selon le déroulé du point.
Impacts sur l’apprentissage et la formation
Lamperti et l’exemple de Fede Chingotto : pour quoi faire ?
Dans son intervention, Lamperti cite Fede Chingotto comme l’exemple d’un modèle de drive classique — un joueur qui incarne l’excellence du rôle traditionnel mais qui sert aussi de référence pour comprendre comment les rôles peuvent évoluer sans disparaître. L’idée n’est pas d’effacer les spécialités historiques mais de les rendre plus fluides : conserver les forces (un drive puissant, une lecture exceptionnelle) tout en permettant la rotation et l’échange des responsabilités en match.
Conséquences tactiques en match
Que doit changer l’entraîneur ?
Pour accompagner cette évolution, l’entraîneur se transforme en architecte de polyvalence. Les séances devront mêler fondamentale technique bilatérale, travail tactique de permutation, exercices de communication et répétitions de scénarios transitionnels (attaque/défense). Les exercices type « swap » (échanger de côté en cours d’échange) ou « split-role » (alterner les tâches de couverture) deviendront des classiques pour habituer les joueurs au changement d’identité tactique en temps réel.
Enjeux pour la compétition et le spectacle
Sur le plan compétitif, cette mutation peut rendre le jeu plus imprévisible et exigeant. Pour le public, cela peut augmenter l’intérêt : des paires capables de se réinventer à chaque point offrent des combats tactiques riches et renouvelés. Pourtant, la transition ne sera pas triviale : les circuits et les équipes auront besoin de temps pour s’ajuster, et certains joueurs spécialistes pourraient se retrouver contraints de revoir profondément leur préparation pour rester compétitifs.
Un départ annoncé, mais une voix qui ouvre le débat
En annonçant son retrait prochain, Lamperti ne se contente pas de fermer un chapitre ; il donne une direction. Son propos, nourri d’expérience et de lucidité, lance un défi à la génération montante : être complet, apprendre à permuter, penser le padel comme un continuum tactique plutôt que comme une succession de rôles figés. Si l’avenir va effectivement vers une telle hybridation, les racines du sport resteront — mais leur forme pourrait bien changer profondément dans les années à venir.
